Agricole & photovoltaïque : guide complet pour tout comprendre

Entre la hausse continue du prix de l’électricité, des marges de plus en plus serrées et les exigences de la transition énergétique, chaque exploitation agricole doit repenser son modèle. Réduire les charges, sécuriser son activité et, si possible, créer de nouveaux revenus n’est plus un confort, mais une nécessité.

Dans ce contexte, l’agricole photovoltaïque connaît une croissance importante. Vous l’avez sûrement remarqué : les toitures de hangars, les abris, certains vergers ou serres se couvrent de panneaux solaires. Et ce n’est pas un effet de mode, mais la conséquence d’un ensemble de conditions devenues favorables.

D’un côté, le coût des installations photovoltaïques a fortement baissé grâce aux progrès techniques. Produire sa propre électricité solaire n’a jamais été aussi accessible – et le soleil, lui, ne reçoit pas de facture. De l’autre, la France accélère sa transition énergétique : les pouvoirs publics encouragent l’investissement dans les énergies renouvelables et multiplient les dispositifs de soutien et les cadres réglementaires dédiés.

Résultat : c’est le moment idéal pour envisager un projet solaire. Que vous souhaitiez équiper un bâtiment agricole existant de panneaux photovoltaïques ou développer une nouvelle activité autour de l’énergie solaire, l’agricole photovoltaïque représente une double opportunité : sécuriser vos besoins en énergie et générer des revenus complémentaires stables.

Dans ce guide, nous vous expliquons tout. Qu’entend-on exactement par « agricole photovoltaïque » ? Sous quelles formes peut-il se concrétiser sur une exploitation ? Quelles démarches, normes et réglementations faut-il prévoir ?

Qu’est-ce que l’agricole photovoltaïque ? : Définition et principes

Quand on commence à s’intéresser au solaire à la ferme, il est facile de se perdre dans le vocabulaire. Derrière les termes « agricole photovoltaïque » ou « photovoltaïque agricole », on trouve en réalité une grande famille de solutions qui ont toutes un point commun : associer la production d’électricité solaire photovoltaïque à une activité agricole (équiper les infrastructures existantes de panneaux solaires photovoltaïques ou nouvelles constructions photovoltaïques).

Le terme générique « agricole photovoltaïque » regroupe plusieurs réalités, mais la loi fait désormais une distinction stricte. Depuis la loi APER du 10 mars 2023 et son décret d’application du 8 avril 2024, il ne faut pas confondre :

  • L’Agrivoltaïsme (le vrai) : C’est une installation couplée à une production agricole active (culture ou élevage) qui lui apporte un service direct (protection contre le gel/grêle, ombre thermique, amélioration agronomique). La loi impose que la production agricole reste l’activité principale et que le rendement ne baisse pas de manière significative (tolérance maximale de -10% par rapport à une zone témoin).
  • Les Centrales au sol « compatibles » : Ce sont des parcs solaires installés sur des terres agricoles déclarées « incultes » ou sans enjeu majeur par les Chambres d’Agriculture (zones A ou N). Ici, la production d’énergie prime, car le sol n’a pas de vocation nourricière prioritaire.
  • Le Photovoltaïque sur Bâtiment : L’installation de panneaux sur des hangars agricoles ou des serres existantes relève d’une réglementation simplifiée, idéale pour financer la rénovation de toitures sans empiéter sur le foncier.

Cette électricité produite peut servir à alimenter une partie des besoins de l’exploitation : on parle alors d’autoconsommation photovoltaïque. Elle peut aussi être revendue partiellement (le surplus non consommé) ou en totalité afin de générer des revenus supplémentaires et de renforcer la stabilité financière de l’exploitation.

Au sein de cet ensemble, une pratique plus spécifique et encadrée se distingue : l’agrivoltaïsme, que l’on peut considérer comme le pan réglementé de l’agricole photovoltaïque. Sa logique est différente : il ne s’agit plus seulement de faire coexister panneaux solaires photovoltaïques et activité agricole, mais de créer une véritable synergie. L’installation photovoltaïque est alors pensée pour protéger les cultures ou les animaux, améliorer les conditions agronomiques ou le bien-être animal.

Pour bien visualiser la différence entre les deux approches, le tableau ci-dessous résume les nuances essentielles :

Critère

Agricole photovoltaïque (approche globale)

Agrivoltaïsme (approche règlementée et synergique)

Objectif principal

Production d’électricité en utilisant les actifs fonciers de l’exploitation.

Co-production simultanée et synergique d’énergie et d’agriculture sur une même surface.

Localisation typique

Toitures de bâtiments agricoles (hangar, stabulation), serres, ombrières sur sol artificialisé.

Parcelle agricole productive (agrivoltaïsme sur les grandes cultures, maraîchage, arboriculture, prairie).

Impact sur l’activité

Pas d’impact, ou minimal, sur l’activité agricole principale. Utilisation d’espaces déjà artificialisés ou inutilisés.

Impact recherché et mesuré (protection climatique, optimisation de l’eau, bien-être animal). L’activité agricole reste prioritaire.

Règlementation

Suit le droit commun des installations photovoltaïques.

Encadré par un décret spécifique (avril 2024). Nécessite une étude agronomique et un maintien prouvé de la production.

Exemple concret

Construction d’un hangar agricole neuf avec toiture équipée de panneaux photovoltaïques.

Ombrières agrivoltaïques dynamiques au-dessus d’une culture pour lutter contre le gel et le soleil brûlant.

Avantages et inconvénients de l’agriculture photovoltaïque

Se lancer dans l’agricole photovoltaïque ne consiste pas simplement à installer quelques panneaux solaires sur un toit. C’est un choix qui engage votre exploitation, votre patrimoine et votre stratégie à long terme. Avant de vous décider, il est donc essentiel d’en analyser clairement les bénéfices et les contraintes.

Premier bénéfice : vous produisez une partie de l’électricité consommée par votre exploitation grâce au soleil. En autoconsommation totale, une installation bien dimensionnée réduit vos factures, sécurise vos charges et alimente directement vos équipements. En autoconsommation avec vente de surplus, une partie de l’énergie couvre vos besoins, le reste est injecté sur le réseau et racheté via un contrat d’obligation d’achat, ce qui améliore la rentabilité globale du projet.

Et si vous décidez de vendre toute votre production électrique ? Vous ne réduisez pas directement vos factures d’électricité, mais vous bénéficiez d’un revenu régulier et prévisible qui vient renforcer votre trésorerie.

Sur le plan économique, l’agricole photovoltaïque permet ainsi de lisser vos revenus : un bâtiment agricole photovoltaïque crée un flux financier complémentaire, particulièrement précieux dans un contexte de prix agricoles volatils.

Les bénéfices environnementaux sont tout aussi importants. En produisant une électricité d’origine photovoltaïque, vous diminuez votre dépendance aux énergies fossiles, renforcez la résilience énergétique de votre territoire, contribuez aux objectifs de transition énergétique, et améliorez l’image de votre exploitation.

Enfin, vous augmentez la valeur de votre patrimoine : un bâtiment équipé de panneaux solaires est plus attractif à la vente ou à la transmission, surtout s’il a été pensé dès l’origine pour accueillir une installation photovoltaïque. Avec les solutions les plus avancées (lisez aussi : les avantages de l’agrivoltaïsme), vous agissez à la fois sur la résilience agronomique de vos cultures et sur la performance énergétique de votre exploitation.

Un projet solaire bien mené exige une vision lucide : l’agricole photovoltaïque implique de réelles contraintes techniques, administratives et financières qu’il faut anticiper dès le départ. L’investissement initial reste important (souvent plusieurs dizaines de milliers d’euros pour la toiture d’un hangar), les coûts de raccordement peuvent être élevés et les aides publiques, souvent attribuées via appels d’offres, sont concurrentielles. D’où la nécessité d’une étude de faisabilité technico-économique sérieuse.

À cela s’ajoutent la complexité administrative (permis de construire ou déclaration préalable, échanges avec la mairie, Enedis, délais parfois longs, participation à un appel d’offres pour les grands projets) et les exigences techniques : conception pour au moins 30 ans, résistance aux intempéries, respect de l’intégrité du bâtiment, choix rigoureux des équipements (panneaux, onduleurs, pose) et maintenance régulière. Sans oublier que la production varie selon l’ensoleillement et n’est pas constante toute l’année.

Le risque à absolument éviter ? La mauvaise conception. Implanter des panneaux solaires sur une parcelle agricole ou au-dessus d’un élevage sans étude agronomique et zootechnique sérieuse peut dégrader la qualité des sols, perturber les cultures ou le bien-être animal et impacter vos rendements. Vous fragilisez alors votre production et le projet perd tout son intérêt.

Mais rassurez-vous, ces contraintes sont surmontables. Faites-vous accompagner par des professionnels qualifiés (bureau d’études, installateur RGE, etc.) et entourez-vous des meilleurs experts pour maximiser vos chances de réussite.

Applications et exemples de projets agricoles photovoltaïques

Les installations photovoltaïques agricoles prennent des formes très variées. Du maraîchage à la grande culture, de l’élevage à l’arboriculture, il existe une configuration solaire adaptée à des besoins bien précis. En voici quelques exemples.

Serres photovoltaïques

Les serres photovoltaïques sont l’une des solutions les plus répandues. Elles associent la protection des cultures sous serre et la production d’électricité solaire : le toit est partiellement ou totalement équipé de panneaux et l’énergie produite peut alimenter le chauffage, la ventilation, l’irrigation, l’éclairage… ou être revendue.

Pour qu’une serre photovoltaïque soit performante, la gestion de l’ombre est cruciale. La répartition des panneaux doit profiter à la culture sous-jacente : l’enjeu est de trouver le bon équilibre entre luminosité suffisante pour les plantes et production d’électricité optimale.

Ombrières et volières photovoltaïques pour cultures et élevage

Les ombrières agrivoltaïques sont des structures posées au-dessus des cultures ou des parcs d’élevage. Les panneaux solaires sont installés en hauteur pour créer une zone d’ombre partielle et protectrice.

Pour les cultures (vignes, petits fruits, arboriculture, maraîchage), elles offrent une protection active. Elles atténuent les rayonnements solaires brûlants, réduisent les risques de gelées nocturnes par rayonnement, protègent aussi de la grêle. Sous les ombrières, le microclimat est amélioré. La consommation en eau des plantes est réduite. La production agricole est plus sécurisée et qualitative.

volière

Pour l’élevage, on parle plutôt de parc ombragé, de stabulation photovoltaïque ou de volière photovoltaïque (volailles), etc. Les panneaux offrent un abri contre le soleil et les intempéries, améliorent le confort thermique et le bien-être animal. Des animaux moins stressés présentent généralement de meilleurs résultats techniques (croissance, production, santé).

Abri climatique solaire

L’abri climatique solaire est une solution polyvalente et flexible. Il s’agit d’une structure légère, ouverte, sous laquelle on peut abriter du matériel, des récoltes ou des animaux de façon temporaire. Son toit est entièrement équipé de panneaux photovoltaïques.

Ses principaux atouts : une conception simple, une installation rapide et la possibilité de valoriser une zone peu utilisée de la parcelle. C’est une première étape idéale pour se familiariser avec le photovoltaïque sur son exploitation.

Hangar agricole photovoltaïque

C’est l’application la plus répandue et la plus rentable si on a le budget.  L’idée consiste à équiper la toiture d’un bâtiment agricole existant ou neuf avec des panneaux solaires. Le hangar agricole photovoltaïque peut, par la suite, servir de stockage de récoltes ou de matériels/engins agricoles, d’atelier, etc.

Règlementation pour l’agricole photovoltaïque

Le volet réglementaire est essentiel pour sécuriser votre projet. Les règles à respecter dépendent entièrement du type d’installation envisagé. Dans la plupart des cas – par exemple l’équipement d’un bâtiment agricole existant – c’est le droit commun du photovoltaïque qui s’applique : autorisations d’urbanisme, normes de raccordement au réseau, démarches bien connues et largement éprouvées.

En revanche, dès que l’on parle d’intégration directe sur les parcelles cultivées, le cadre devient plus spécifique. C’est là qu’intervient la réglementation de l’agrivoltaïsme, précisée en 2024 par le décret dédié, afin d’encadrer strictement ces projets et de garantir que l’activité agricole reste prioritaire.

Voyons ensemble les grandes lignes pour vous y retrouver plus facilement.

Normes (agrivoltaïsme)

Le cadre réglementaire de l’agrivoltaïsme a été fixé par le décret n°2024-318 du 8 avril 2024. Ce texte apporte une définition claire et précise certaines règles de fonctionnement. L’objectif est de développer l’énergie solaire sur les terres agricoles tout en protégeant leur vocation première.

Pour être qualifiée d’agrivoltaïque, une installation doit respecter cinq conditions fondamentales, à savoir :

  • La primauté de l’activité agricole

L’agriculture doit rester l’activité principale sur la parcelle. Pour cela, le décret limite le taux de couverture au sol par les panneaux. Pour les installations de plus de 10 MWc, celui-ci ne doit pas dépasser 40 % de la superficie totale de la parcelle, sauf pour les technologies agrivoltaïques éprouvées, qui font l’objet de taux spécifiques définis par arrêté ministériel. La surface rendue inexploitable ne peut excéder 10 %. Enfin, l’installation doit permettre une exploitation normale, avec la circulation des engins.

  • Un revenu durable pour l’agriculteur

Le revenu généré par l’exploitation agricole ne doit pas diminuer du fait de l’installation. Cet aspect économique est contrôlé pour assurer la pérennité de l’activité agricole.

  • Le bénéfice agricole démontré

L’installation doit apporter un avantage concret à la production agricole. Elle doit répondre à au moins un des quatre critères suivants : amélioration agronomique, adaptation au changement climatique, protection contre les aléas, ou amélioration du bien-être animal.

  • Une production agricole significative

Après la mise en service, le rendement doit être maintenu. Pour les cultures (hors élevage et serre), la production sous les panneaux ne doit pas chuter de plus de 10 % par rapport à une zone témoin non équipée.

Des référentiels spécifiques s’appliquent pour l’élevage et les serres.

  • La réversibilité

L’installation doit être conçue pour être démontée en fin de vie. Le terrain doit pouvoir retrouver son usage agricole initial sans séquelles.

L’autorisation est accordée pour une durée maximale de 40 ans, prorogeable de 10 ans supplémentaires sous réserve que le rendement agricole demeure significatif.. Le démantèlement et le recyclage sont à la charge de l’exploitant de l’installation photovoltaïque.

Les contrôles et sanctions : Le décret d’avril 2024 ne se contente pas de définir l’agrivoltaïsme, il encadre sévèrement son exploitation pour éviter les dérives (les fameux « projets alibis »). Pour garantir que l’activité agricole reste bien prioritaire sur la production électrique, l’État impose des contrôles obligatoires :

  • Avant la mise en service ;
  • À la 6ème année d’exploitation ;
  • Puis à intervalles réguliers : tous les 5 ans pour les technologies éprouvées, tous les 3 ans pour les installations dont le taux de couverture est inférieur à 40 %, et annuellement pour les autres installations..

Ces rapports de suivi agronomique sont transmis à l’ADEME. Si la production agricole chute trop ou disparaît, l’exploitant s’expose à des sanctions pouvant aller jusqu’au démantèlement de la centrale, aux frais du producteur d’énergie. C’est une garantie majeure pour les propriétaires fonciers et les exploitants.

En ce qui concerne les autres projets agricoles photovoltaïques qui ne relèvent pas de l’agrivoltaïsme, il n’y a pas de normes à proprement parler, uniquement quelques principes de bons sens à appliquer. L’idéal est d’installer les panneaux sur des surfaces déjà artificialisées ou à faible valeur agronomique (toitures, cours de ferme, parkings, friches, sols pollués ou impropres à la production agricole) pour ne pas concurrencer les terres cultivables.

Permis et démarches administratives

Pour concrétiser un projet d’agricole photovoltaïque, cette phase administrative est incontournable. Elle permet de vérifier la conformité de l’installation avec les règles d’urbanisme et de sécurité. Selon l’ampleur du projet, une déclaration préalable peut suffire, mais un permis de construire est souvent nécessaire, notamment pour les bâtiments neufs ou les grandes ombrières.

Un permis de construire est en général requis lorsque :

  • L’emprise au sol dépasse 20 m2.
  • La hauteur de la structure dépasse 2,5 m.
  • Le projet se situe en zone protégée/près d’un monument historique – avis des Architectes des Bâtiments de France (ABF) obligatoire.

Avant de déposer un dossier, il est indispensable de vérifier le plan local d’urbanisme (PLU) ou, à défaut, le règlement national d’urbanisme RNU auprès de votre mairie. La procédure suit ensuite un schéma simple : constitution d’un dossier complet (formulaire, plans, notice, photos), dépôt en mairie, instruction (avec éventuelles demandes de compléments) puis décision par arrêté. Les délais vont généralement de quelques semaines à deux mois, plus si le projet est complexe ou soumis aux ABF.

Pour une simple pose de panneaux sur une toiture existante, les démarches sont souvent allégées. Dans tous les cas, l’accompagnement d’un bureau d’études ou d’un installateur expérimenté vous fait gagner du temps et sécurise votre parcours.

Quid de la fiscalité ?

La fiscalité photovoltaïque est un point décisif dans tout projet d’agricole photovoltaïque. Mal anticipée, elle peut fragiliser votre exploitation.

En pratique, la charge fiscale dépend de trois éléments majeurs. Votre statut fiscal d’abord : exploitation individuelle ou société, soumise à l’IR ou à l’IS. Le niveau de revenus issus de l’électricité ensuite : plus la production est élevée, plus les obligations se complexifient. Enfin, la puissance de l’installation photovoltaïque : une petite toiture de panneaux photovoltaïques ne se traite pas comme un grand hangar agricole photovoltaïque.

Selon les cas, vos recettes solaires peuvent rester intégrées aux bénéfices agricoles. Elles peuvent aussi basculer en bénéfices commerciaux, avec imposition séparée. Vous devez alors composer avec impôts sur les revenus ou sur les sociétés, TVA, impôts locaux et autres taxes spécifiques.

Pour en savoir un peu plus sur le sujet, nous vous invitons à lire notre guide sur le sujet : fiscalité photovoltaïque.

Appels d’offres pour du tiers investissement

Si l’idée d’un projet agricole photovoltaïque vous séduit, pourquoi ne pas vous orienter vers l’agrivoltaïsme ? Cette approche est plus étudiée, plus mature et pensée pour maximiser les bénéfices agronomiques tout en sécurisant l’installation sur le long terme.

Et oui, rien qu’en imaginant le budget qu’une telle installation représente, on peut vite se sentir découragé. Pourtant, s’il est bien étudié et bien encadré, vous n’êtes pas obligé de financer seul l’installation. Un montage en tiers investissement peut être mis en place dès lors que l’opération est d’une certaine envergure.

Le principe du tiers investissement photovoltaïque

Le tiers investissement repose sur un partenariat gagnant-gagnant. Un développeur ou producteur d’énergie spécialisé prend en charge l’intégralité du projet : financement, installation, démarches administratives, exploitation et maintenance. En contrepartie, il utilise votre espace (toiture, parcelle au sol) via un bail de longue durée.

Pour votre exploitation, les avantages sont nombreux :

  • Zéro investissement initial : vous ne financez ni la construction du hangar, ni l’installation des panneaux solaires. Votre contribution se limite généralement à la mise à disposition de votre terrain constructible.
  • Contraintes allégées : le tiers investisseur gère la partie technique, administrative et la fiscalité liée au photovoltaïque.
  • Revenus ou avantage économique garantis : en échange de l’espace, vous percevez un loyer et/ou bénéficiez d’une électricité à prix compétitif pour votre autoconsommation. La vente d’électricité est gérée par l’investisseur, ce qui vous procure un revenu passif ou une réduction durable de vos charges.

Décrocher un partenaire via un appel d’offres

Pour trouver le bon partenaire, vous pouvez lancer un appel à projets / appel d’offres auprès de développeurs spécialisés en solaire agricole. Le déroulé type ressemble à ceci :

  1. Prise de contact et étude : vous contactez des investisseurs qui réalisent une étude de faisabilité (technique, économique, agronomique) de votre site.
  2. Avant-contrat : si le projet est jugé viable, vous signez une promesse de bail ou un protocole d’accord définissant les engagements de chacun.
  3. Démarches et construction : le développeur s’occupe des autorisations (urbanisme, raccordement au réseau, éventuels appels d’offres de l’État) et prend en charge les coûts de construction et de raccordement.
  4. Exploitation de la centrale : l’investisseur exploite l’installation, assure la maintenance et perçoit les revenus de la vente d’électricité. La centrale produit, et vous bénéficiez du loyer ou de l’électricité prévue au contrat.
  5. Fin de contrat : à l’issue du bail, plusieurs options sont possibles : renouveler le contrat, reprendre l’installation (selon les termes prévus) ou demander son démantèlement et la remise en état du site.

FAQ sur l’agricole & le photovoltaïque

Oui, un projet bien étudié et bien réalisé est rentable à double titre.

Sur le plan énergétique, la baisse du coût des installations et les dispositifs de soutien améliorent fortement la rentabilité : l’autoconsommation réduit immédiatement votre facture d’électricité, tandis que la vente de surplus ou la vente totale sécurise un revenu complémentaire sur la durée du contrat. Dans le cas d’une structure photovoltaïque neuve en tiers investissement, votre investissement de départ est limité. Vous disposez d’un bâtiment performant et, selon le montage, d’une électricité à prix avantageux.

Sur le plan agricole, les structures protègent vos cultures ou vos animaux, limitent les pertes liées aux aléas climatiques, réduisent le stress hydrique et les besoins en intrants.

En combinant revenus agricoles et revenus (ou économies) liés à l’énergie, vous augmentez la résilience économique de l’ensemble de votre exploitation.

L’agricole photovoltaïque est un terme large. Il désigne toute installation de panneaux solaires sur une exploitation agricole, le plus souvent sur des surfaces déjà artificialisées (toitures de bâtiments, hangars, abris…). L’électricité est produite en parallèle de l’activité agricole, sans modifier directement les pratiques au champ.

L’agrivoltaïsme, lui, est une forme particulière et réglementée d’agricole photovoltaïque. Ici, la synergie entre agriculture et énergie est centrale : les panneaux sont installés au-dessus des cultures ou des animaux et leur conception doit apporter un bénéfice agronomique démontré. La production solaire ne doit pas se faire au détriment de l’activité agricole, mais au contraire maintenir ou augmenter la production primaire.

Tout dépend du type d’installation et de sa conception. Une installation mal pensée peut créer trop d’ombre, compliquer le passage des engins ou compacter le sol. Dans ce cas, l’impact sur les cultures devient négatif.

À l’inverse, l’agricole photovoltaïque bien conçu agit comme un bouclier climatique. Plutôt que de chercher à maximiser les volumes à tout prix, l’objectif est de sécuriser les récoltes face aux aléas (sécheresses, canicules). Les retours d’expérience (INRAE, etc.) et nos propres données chez Technique Solaire montrent des résultats contrastés selon les espèces :

  • Les grandes gagnantes : La vigne, l’arboriculture et le maraîchage profitent pleinement de l’ombrage piloté. En viticulture par exemple, l’ombrage réduit la consommation en eau d’environ 20% et préserve l’acidité des raisins face au réchauffement.
  • Les cultures adaptées : Les céréales à paille (blé, orge) et les prairies permanentes (pour ovins/bovins) s’accommodent très bien des panneaux, qui limitent l’évapotranspiration des sols en été.
  • Les points de vigilance : Certaines cultures exigeantes en lumière directe, comme le maïs ou le sorgho (plantes en C4), sont aujourd’hui moins adaptées à l’agrivoltaïsme standard et nécessitent des études spécifiques.

Sur l’environnement, un projet bien conçu contribue à la transition énergétique et aux énergies renouvelables. La production d’électricité d’origine photovoltaïque réduit les émissions liées aux énergies fossiles. Si vous limitez les mouvements de terrain et respectez le sol, vous pouvez même maintenir, voire renforcer, la biodiversité : haies, bandes enherbées, zones refuges.